Delicatessen

Vous vous rappelez de Délicatessen? Bien sûr! Le film fait partie de la mémoire collective. Mais qui l’a vu sur grand écran?! Comment se porte le film plus de 25 ans après? Ben oui nous nous inquiétons de la santé du cinéma français à Propagation Bis. Alors nous lui avons demandé des nouvelles. Et ni une, ni deux le voilà qui se ramène chez nous, au cinéma Axel, lors d’une projection unique, pour nous montrer qu’il n’a rien perdu de son humour bien noir et de sa verve poétique.
Et il est vrai qu’en cette fin année, ou tout le monde s’apprête à faire bombance. Il est bon de rappeler ce vieil adage : Mon boucher c’est un artiste! Et Jean-Claude Dreyfus en est la plus belle inCARNation… C’est le Nusret Gökçe des années 90. Venez donc partager avec nous ses idées recettes.

Délicatessen est un film multi récompensé dont le nom résonne dans toutes les mémoires comme un jalon capital dans le cinéma français. Film décalé, grinçant, surréaliste à l’atmosphère unique. Liant avec savoir-faire une mise en scène et un imaginaire puissamment visuelle, et des trognes de seconds couteaux profondément ancrées dans la culture française. Le film est une réussite totale et un petit bijou d’humour noir.
A  l’époque de sa sortie, on a tous respirés. Par on j’entends tout ceux qui s’intéressent au cinéma de genre comme le lieu de convergence de l’expression formelle populaire et spectaculaire avec une ambition narrative allant au-delà des scénario formatés faisant dans le prêt à consommer, prêt à digérer. Pour résumer : Des réalisateurs qui font les films qu’ils ont envie de voir.
On a tous respirer parce que, enfin, 2 mecs, un peu dingue certainement prenaient à bras le corps le cinéma français pré-nouvelle vague :
Acteurs avec la gueule de l’emploi comme on pourrait dire. Dominique Pinon et Jean Claude Dreyfus en tête mais aussi Karin Viard (son deuxième film après Tati Danielle) convoquant Jacques Tati, René Clair et Marcel Carné dans le même réalisme poétique et le  naturel onirique. Délicatessen c’est une dinguerie mue par une logique de l’absurde impeccable et une photographie parfaite due au très grand chef opérateur Darius Khondji : Le chef op’ de Se7en, Alien la résurrection, Evita de Alan Parker, La plage de Danny Boyle, Funny Games U.S de Michael Haneke, The Immigrant de James Gray ou Minuit à Paris de Woody Allen.

Délicatessen convoque un humour noir puisant autant à la source anglo-saxonne des monty python que dans celle du magazine culte Métal Hurlant pour lequel à travaillé un temps Marc Caro. Le magazine accueillait dans ses pages des gens comme Gotlib, Mardi, Mandryka, Bilal, Caza puis Pratt, Jorowski , Bed-Deum bref une liste d’auteurs devenus des références de la bande dessinée.

Caro et Jeunet pousseront sur la pédale d’accélérateur pour l’inspiration de leur second film qu’on peut dire carrément plus SteamPunk (qui aurait dû être leur premier, mais sans doute trop barré pour que quelqu’un veuille financer ; La cité des enfants perdus (puisque c’est bien lui) comme un premier film…

Pour Délicatessen Ils ont ensuite mixé tous ces ingrédients dans un mixeur pour en sortir une recette exceptionnelle, originale et complètement jubilatoire.

Délicatessen c’est l’entente parfaite de 2 talents,

Caro ; artiste hétéroclite ; dessinateur de bandes dessinées (l’un de leur court-métrage est tirée de sa bande dessinée Pas de Repos pour Billy Brako), musicien indus avec le groupe Parazite et chef décorateur inspiré de Jan Kounen sur ses courts Vibroboy et le dernier Chaperon rouge puis sur Blueberry, peut-être un peu moins sur Vidocq de Pitof (2001) mais il ne désignait que les personnages, ouf. Et sur Enter the Void de Gaspar Noé.

Et Jeunet ; Faut’il encore présenté Jean Pierre Jeunet qui est l’un de nos réalisateurs les plus connus à l’internationale et qui allie la renommée et la réussite artistique. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Un long dimanche de fiançailles, Alien 4 etc…

Il faut citer également Gilles Adrien, le troisième scénariste de l’histoire de Délicatessen, homme de l’ombre. Il est le scénariste et dialoguiste de Délicatessen et de la cité des enfants perdus et également scénariste du mythique court-métrage Le Bunker de la dernière rafale. Il nous a quitté cette année. Son chemin fut plus tortueux et compliqué. Auteur de BD puis scénariste sur des séries d’animations comme Albert le cinquième mousquetaire (série de Christophe Izard) et Le magicien. Sa part de création dans le cinéma du duo restera sans doute une mystère. Son court-métrage les femmes géantes (on a mis le lien sur le site) nous permet peut-être de comprendre qu’il effectivement dû insufflé une certaine sensibilité poétique au film du Duo.

Toujours est-il que Délicatessen marque une étape cruciale dans le cinéma français, du genre de celle que n’aura jamais complètement confirmé Luc Besson débarquer quelques temps auparavant avec le Dernier Combat (sans doute son meilleur film) puis Subway, Nikita ou Le Grand Bleu. A savoir associé un succès populaire et un succès critique.

On se pose toujours la même question suite à un film comme celui-là. La même qu’on s’est posé à la suite de Grave, de Bernie, de Martyrs, la belle et la bête ou le pacte des loups. Existe-il un cinéma de genre en France? Quand on veut bien lui donner sa chance il existe, il respire, il s’exprime et Délicatessen en est l’un des plus beaux fleurons.

Clips réalisés par Marc Caro
Coloured City – Laurent Garnier
Clip de Coloured City
Les tsars – Indochine -1987
Clip Les Tsars
Savoure le Rouge – Indochine-1994
Savoure le rouge

Musique
Rats – Parazite – Album du groupe de musique industrielle de Marc Caro
L’album Rats de Parazite

Gilles Adrien
Scénariste sur la série Albert, le cinquième mousquetaire – 1994
Générique de la série
Scénariste de la série The Magician (Le magicien)- 1999- C’est en anglais – Je ne l’ai pas trouvé en Français
Episode 01
Les femmes géantes – 2004 – Scénariste et réalisateur
Court-métrage

Site de Jean Pierre Jeunet – Retrouvez tous les courts métrages du duo dans la partie courts métrages du site
Jean Pierre Jeunet

Et sans oublier une belle rétrospective des 2 compères en ce moment et jusqu’à Juillet 2018 à la Halle St Pierre à Paris
Expo Caro et Jeunet