In The Flesh – Saison 1

In The Flesh – Saison 1
de Dominic Mitchell

Les zombies ont définitivement été les stars de 2013. Omniprésents sur la toile, sur le grand comme le petit écran et même dans la rue. Romero, le pionnier, les représentait déjà comme des marginaux, les écartés de la société, à l’instar des afro-américains victimes de la ségrégation.

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Le britannique Dominic Mitchell reprend cette image et l’adapte dans l’Angleterre actuelle. Sa première série, In The Flesh, diffusée la BBC 3, chaîne destinée aux jeunes, aborde le sujet avec une impressionnante maturité. Si The Walking Dead sépare les 2 camps pour mieux se concentrer sur les conflits des survivants, In The Flesh traite de la question de la réinsertion. Pas de road movie ici mais un « après » vécu au sein d’une petite communauté.

Voilà le topo : on ne sait pas trop comment, les morts sont revenus à la vie, sous forme de zombies assoiffés de chair fraîche. Certains les ont combattus, d’autres ont fini dévorés ou mordus mais le gouvernement a finalement trouvé une solution : un traitement qui permet de rendre sa part d’humanité aux zombies. Leurs corps restent morts mais leur esprit d’avant, leur conscience pourrait-on dire, revient. Les émotions et les souvenirs avec. C’est le cas de Kieren Walker, tout juste 18 ans, jeune mort-vivant qui appréhende le retour au sein de sa famille, dans la petite bourgade de Roarton. Pas facile d’envisager les retrouvailles avec ses parents ainsi que sa sœur, devenue membre d’un commando de tueurs de zombies, le HVF, l’armée volontaire humaine, composés par plusieurs habitants du village. in-the-flesh

In The Flesh n’est certainement pas une comédie. Il s’agit d’une série dramatique, empreinte d’une certaine mélancolie. Une série dotée d’une réflexion pertinente sur la mort, la culpabilité, les non-dits, la vie en communauté et bien-sûr l’intolérance envers ceux qui sont différents. Tout est traité de façon très réaliste, non sans ironie : on ne dit pas zombies mais des personnes atteintes du syndrome SPD “Partiellement-décédé ». L’originalité se trouve aussi dans les détails : les zombies humanisés doivent subir une importante piqûre quotidienne dans la nuque pour maintenir un peu de « vie » dans le cadavre qui leur sert de corps. Corps-prison qu’il faut aussi maquiller pour en dissimuler l’aspect monstrueux, vestige d’un passé où l’on ne pensait qu’à manger de l’humain bien frais. Sans oublier bien sûr les lentilles pour donner une apparence humaine aux yeux devenus vitreux. In_The_Flesh_Bilan_1

 

Décidément le concept de la Writer’s Room a du bon. La BBC qui met en place un système permettant des auteurs sans aucune expérience TV d’écrire des fictions, c’est culotté, mais c’est surtout l’une des meilleures idées de la TV britannique depuis un bail.

In The Flesh était diffusée le 30 décembre dernier sur Canal + séries. Et pour ceux qui n’ont pas le temps de se farcir des saisons de 24 épisodes, soyez rassurés, les anglais sont moins gourmands. La 1ère saison totalise 3 épisodes. Point. On se demande quand même ce que peut donner la suite puisque une seconde saison a été déjà été annoncée.20497135.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Alice